.«
L’art ne dépends pas de moral, ne comprends pas
d’étique. C’est bien l’être humain qui doit mettre le
holà à certaines formes d’art qui peuvent être nuisibles
à la planète ou à la coexistence. Il est convenable de
les éviter si elles sont préjudiciables, même s’il on
parle d’un chef- d’œuvre d’art. Néanmoins, on ne doit
pas l’interpréter comme une manière de censure
arbitraire, ni comme un discours moralisateur religieux,
sexuel ou politique qui s’impose à l’auteur, mais comme
une simple question de survivance dans le monde des arts
extrêmes. L’agonie et la mort lente d’un chien, exposées
dans une galerie d’art, par exemple, dépassent toutes
les limites. L’art est comme la nature, libre et brutale
: un ouragan merveilleux qui a la force de nous tuer. Et
surtout, il faut jamais l’oublier »
©
José Manuel Merello
« Le cadre est au bon
tableau ce que la robe est à une belle femme nue. Il
n’est pas indispensable, mais il le rehausse et donne à
l’œuvre toute sa grâce. »©
José Manuel
Merello
« Je déteste une grande
partie du minimalisme qui se pratique aujourd’hui dans
tous les arts, J’ai bien peur que sous la surface de
cette supposée synthèse ne se cache énormément de
saletés et de choses inutiles qui ne font que tromper le
public, parfois ignorant et innocent, mais bien souvent
composé d’insupportables pédants qui n’y comprennent
rien ni ne savent de quoi ils parlent. »©
José Manuel
Merello
« Moi je prêche pour des
peintres humbles. La peinture n'a pas besoin de tant de
cirque, ni d'autant de prétention intellectuelle. Elle
doit naître de l'âme pure de l'homme, de l’œil clair et
impartial du peintre, même lorsqu’il ne s’agit que de
peindre une simple pomme. C’est pour cela que j’apprécie
tant Morandi. »©
José Manuel
Merello
« La Peinture Abstraite
et la Peinture Surréaliste, en plus d’être essentielles
et merveilleuses en elles-mêmes, remplissent aujourd’hui
un rôle pédagogique qui n'a pas de prix, et ce pour
n’importe quel artiste. Elles font désormais partie de
l’Art Classique et sont devenues Patrimoine Artistique
pour la Formation Spirituelle et Technique de l’Artiste.
Elles sont une véritable gymnastique pour le
subconscient et pour l’œil, lieux par excellence où se
forgent presque toutes les sensations et les émotions
spirituelles qui finalement construisent cette chose
incommensurable et grandiose que l’on appelle L’ART de
LA PEINTURE. »©
José Manuel
Merello
« Le dessin ne
se caractérise pas par la ligne, ni la peinture se
caractérise par la couleur. La peinture garde plus ou
moins son essence et, celle-ci c’est partiellement sa
définition actuelle car elle peut être assimilée et
comprise grâce à un moniteur ou à une photographie. Par
contre, le dessin c’est énormément bien assimilée par
ces moyes ; selon moi et, fétichismes à part, ça m’est
égal d’avoir un dessin original de n’importe qui, ou sa
photographie ou son poster. C’est la même chose et on
peut s’en amuser également. Un cas similaire, c’est la
lecture d’un bon livre dans une ou autre édition. Tout
comme une photographie développée pour la seconde ou la
dixième fois. Quand le fétichisme et la plasticité ne
font pas partie de cet enchaînement, tous ces supports
nous font toucher la grandeur -ou misère- de l’œuvre.
Pourtant, en peinture il faut mettre en relief ce qu’il
y a de plasticité, de plastique, de morbide, d’opacité
ou de transparence, de surface brillante ou mate… voici
des qualités impossibles à transmettre avec le moniteur
d’un ordinateur, avec un téléviseur ou un poster. Ce qui
est digital, au lieu de casser les arts, magnifique tous
ses attributs et dans ce cadre, c’est la peinture qui
gagne parce qu’aujourd’hui, c’est impossible de bien
déguster Les Ménines dans une image. Ce n’est pas
possible de sentir le vide de la pièce où Velazquez
peint, c’est immensément difficile à percevoir la
coquille ancrée de la couche picturale du tableau. C’est
inutile aussi à se tourner et essayer de la voir de côté
afin de distinguer les protubérances et la peinture
striée du génie de l’art. Et on ne peut pas s’arrêter
avec les tableaux de Tapies, ou de Lucian Freud, ou de
Jasper Johns… La couleur et la disposition des formes
peuvent nous transmettre beaucoup, bien sûr, mais elles
ne suffissent pas pour spécifier la plasticité du
tableau. Voilà. Tout cela c’est la Peinture.
De même, et pour cela, il existe la peinture sans
couleur, composée seulement par la ligne et la
plasticité et, il existe également, le dessin rempli
d’une saturation impensable de la couleur et sans
lignes. Alors, dans cette hiérarchie, est-il pire la
couleur que la peinture ? Non. À mon avis, rien n’est un
obstacle et tout est un progrès. L’ordinateur et les
logiciels de peinture et de dessin sont des nouveaux
crayons et pinceaux qu’on peut ajouter à notre
collection afin de mieux travailler. Il s’agit de plus
de matériels et des moyens pour aider aux peintres dans
son travail. Mais, attention, pendant que la plasticité
digitale, ou quoi qu’il s’appelle, existe, il faut
oublier l’idée de vendre des tableaux à partir de
photographies ou de visiter des musées en ligne. On peut
garder une toute petite idée, on peut entrevoir l’issue,
mais le battement fétichiste reste au musée aussi comme
le pressentiment de ce qui est unique et qui n’admet pas
de copie.
Les cas de la peinture est semblable à celui du théâtre
avec le cinéma. Le cinéma est un art en majuscules, il
est un nouveau format conquis par les muses dans le but
d’élever l’esprit de l’être humain au plus sublime. Le
cinéma est aussi fort et intense que les autres arts.
Mais, malgré tout, ce que lui différence du théâtre et
des arts scéniques (la danse, la mimique, la tauromachie
etc.) c’est exactement ce « je ne sais quoi » qui
définit le théâtre : ce qui est direct. La
tridimensionnalité qui enveloppe le spectateur dans un
moment unique, dans une interprétation unique,
extraordinaire ; l’odeur exact, le cri, et la modulation
correcte, mais aussi différente dans chaque mise en
scène ; la vision réelle de l’acteur, le fétichisme de
sa présence et de la présence dramatique du sentiment
qui détient le dramaturge. Tout ressemble de manière
étonnant aux rides des peintures, à l’apparition
toujours différente des peintures, à la dépendance qui
présente la peinture du temps et, celui-ci la modèle
avec l’humidité, les fissures, et les décolorations. Le
théâtre est vif et la peinture est aussi vive. Mais,
est-ce que cela veut dire qu’un tableau est supérieur à
l’art de la photographie ou à un poster d’un bon dessin
? Alors, est-ce que c’est pareil pour le théâtre et le
cinéma ? À mon avis, le théâtre n’est pas supérieur au
cinéma, pourtant, il ne pourra jamais nous emmener par
des chemins impossibles comme le fait le cinéma. Un
dessin digital ou une photographie forment des jeux et
des expressions que la peinture ne peut pas atteindre.
Par contre, le théâtre et la peinture capturent le
charme de ce qui est direct, de l’instante glorieuse,
comme l’ensorcellement de l’auteur interprète qui semble
vous chanter et seulement à vous. Et peut-être, ce n’est
pas supérieur mais… quelle classe !
©
José Manuel Merello
Surréalisme
et effet Dali-Magritte.
Ma peinture, n’est pas-t-elle surréaliste ? Quand un
vase
ne se posse sur une table mais il gravite, ou quand le
chapeau que je dessine à une femme, devient le soleil
dans le crépuscule, là je suis en train de faire du
surréalisme. Ça peut être mieux ou pire, mais en tout
cas, c’est le surréalisme. Quel ennui et quelle
baliverne avec l’idée d’une peinture surréaliste qui
doit être gommeuse comme un chewing-gum, lamineuse, avec
de dégradés toujours mous et qui doit avoir des astuces
de prestidigitateur qui cachent des culs dans des pommes
ou qui traversent ses femmes avec des voiles vaporeux de
sirène et des éclats nucléaires de planètes
symphoniques. Ce n’est pas ça. Le talent de Salvador
Dalí et de René Magritte, parmi d’autres, est énormément
puissant entre les peintres fanés qui n’ont pas su, ni
savent les comprendre et qui abusent de leur héritage en
les dénaturant et les affaiblissant. Et voilà comme se
détourne ainsi une manière de faire du surréalisme, à
cause d’une technique obligée. Parfois je suis
surréaliste, mais je suis aussi un expressionniste, et
je prends un peu de pop art si ça m’arrive, et je le
dépose dans un coin de mon tableau. Je peux dessiner un
tableau surréaliste sans laisser de côté ma technique ni
ma marque expressionniste. Je peux être aussi pop en
employant des couleurs rugueux sans répétitions
réchauffées des marylines et des filles « velazquiènnes
» de demi-chevelure : J’en fais qu’à ma tête.
Aujourd’hui la peinture est le légat puissant hérité
depuis des siècles, libre et ouvert et chaque peintre
peut utiliser tout ce qu’il aime et tout ce dont il a
besoin. Sans fondamentalismes techniques. À bas les
dictatures planétaires, de la fantaisie, du monstrueux,
du minimal radical, du pop art toujours soupière et
phosphore, et à bas l’hyperréalisme de l’eternel chemin
de fer et l’impressionnisme du coup de pinceau fugitif
parce que ça nous chante. Heureusement, de temps en
temps il apparaît un homme de l’envergure de Edward
Hopper, par exemple, qui nettoie toute la peinture et sa
technique d’autant de médiocrités et prétentions,
jusqu’à la nudité et cristallinité de sa pure essence et
actualité, au plus pur style de Alfred Hitchcock. Et
libre. © José Manuel Merello
« Un bon dessein
ne dessert en rien une bonne peinture. J’ajouterais
même, que derrière tout tableau se cache nécessairement
un dessin qui lui donne vie, un squelette qui lui donne
forme et constitue l’essence autour de laquelle
s’organise son mouvement. Les tableaux dépourvus de
cette base restent sans éclat et semblent ternes. »
« Tout le monde se demande ce qu’est l’art. Moi, je
pense que l’art s’applique à toute création humaine qui
réussit à élever l’esprit à un stade supérieur d’émotion
et de surprise. C’est pourquoi je ne considère pas la
cuisine comme un art, pas plus que le football, la
couture ou la mode… »
« La peinture espagnole a su conserver tout au long des
siècles un regard serein et mélancolique : elle peut
être tragique mais jamais violente. Il n’existe aucune
peinture espagnole qui soit violente. Ni le plus cruel
des Goya, ni le plus épouvanté des Picasso n'a jamais
perdu la mesure et l’élégance dans la maîtrise de son
pinceau. » © José Manuel Merello
« La peinture espagnole garde tout au long des siècles
un regard clair et mélancolique : tragique mais jamais
violent. Il n’existe pas de peinture espagnole violente.
Ni le plus féroce Goya, ni le plus épouvanté Picasso,
n’ont jamais perdu leur maintien, ni leur classe avec
leurs pinceaux.
» © José
Manuel Merello